Ecrits

Le retour à la croissance n’est ni possible ni souhaitable

Lundi, septembre 10th, 2007

Puisque nous vivons dans un monde dont les ressources finies ne sauraient soutenir une croissance sans fin et que nous parvenons de plus en plus précisément à envisager le moment où la Terre sera entièrement consumée par notre mode de vie, nous invitons les salarié-e-s, chômeur-e-s, précaires, étudiant-e-s, retraité-e-s à réfléchir à ce que pourrait être une vie pérenne et souhaitable.

En ces temps de désastre écologique très avancé, nous pensons qu’aucune position politique et aucune revendication qui n’intègre ni le caractère d’impasse du développement économique, ni l’aspect suicidaire de la croissance, ne peuvent avoir la moindre valeur. Il nous semble impossible de poser la question de la précarité des emplois et des revenus monétaires sans poser aussi celle de la précarité de la survie humaine globale.

Nous sommes donc à la fois fantastiquement utopistes et radicalement pragmatiques, bien plus pragmatiques au fond que tou-te-s les gestionnaires « crédibles » du capitalisme et des mouvements sociaux, syndicats de cogestion, partis opportunistes et autres tenant-e-s de la croissance comme planche de salut.

Le retour au plein emploi n’est ni réalisable ni désirable

Nous voulons ainsi briser le culte de la création d’emplois et de richesses, réhabilité avec le concours de la gauche dite socialiste dans les années 1980. Aucun discours sur l’exploitation et la précarité n’a de sens et d’efficacité s’il fait l’économie de la remise en question du travail et d’une interrogation profonde sur la nature de la production.

La perspective du plein-emploi, qui sous-tend la plupart des mots d’ordre et des revendications, n’est ni réaliste ni désirable. En effet, le travail humain, en Occident, est supprimé massivement par les machines et les ordinateurs depuis plusieurs dizaines d’années. Il est évident que le capitalisme ne peut plus créer assez d’emplois pour tou-te-s. Et ceux qu’il crée encore péniblement sont de plus en plus vides, déconnectés de nos besoins fondamentaux. De plus, les importants bénéfices des gains croissants de productivité ne profitent toujours qu’à la même classe, pendant que les travailleur-e-s doivent se dévouer encore plus et craindre pour leur avenir.

Dans ce système, la production matérielle est délocalisée vers les pays dits « en voie de développement », où se concentrent le désastre écologique - même si nous ne sommes pas en reste… - et les pires conditions de travail. Dans notre économie de services, fleurissent les emplois de serviteur-e-s : esclaves des cadences robotiques, domestiques des « services à la personne », petit-e-s soldat-e-s du management.

Soyons conséquent-e-s, détruisons l’industrie et son monde !

Nous pensons qu’un mouvement social conséquent doit se donner pour but d’aider l’économie à s’effondrer. Le monde actuel ne connaît pas d’en-dehors, on ne peut pas espérer le fuir. Il faut donc y constituer des milieux de vie où émergent de nouveaux rapports humains et où l’on puisse produire ses moyens de subsistance, hors logique capitaliste et sans le concours de la machinerie industrielle, comme c’est déjà en projet sur la région de Nancy avec le MUSCAD (Mouvement pour Une Société Conviviale, Autonome et Décroissante).

Il faut dans le même temps entreprendre le démantèlement de pans entiers de l’appareil de production existant, inutiles et nuisibles. Bien sûr, tout cela exige, dans nos discours comme dans nos pratiques, un refus du capitalisme et un rejet résolu de l’Etat et de ses représentant-e-s, qui sont et seront toujours des obstacles à nos projets d’autonomie.

Cessons de réclamer un emploi stable pour chacun-e ! Il n’y en aura pas, organisons-nous pour ne plus en avoir besoin !

Que le capitalisme s’effondre !
Que la vie et l’anarchie l’emportent !


Solidarité des classes en lutte !

Mardi, août 21st, 2007

Diviser pour mieux régner !

Ceux qui ont le pouvoir (le gouvernement et le patronat) et ceux qui aimeraient bien l’avoir (les partis politiques et certaines directions de syndicats réformistes), aidés par les média, tentent toujours de diviser les opposants à leurs politiques. En pensant comme eux et en agissant selon leurs désirs, ils - t’octroient le titre de bon citoyen et de bon manifestant, mais s’il te prend d’agir et de réfléchir de façon différente, alors tu deviens un provocateur, un casseur ou un émeutier.

“Les casseurs” sont des manifestants comme les autres !

Floués par les partis politiques et trahis par des directions syndicales réformistes, certains refusent de lutter dans un cadre institutionnel et préfèrent l’autonomie, l’action directe (avec ou sans violence) et le refus de la représentation. Leurs détracteurs voudraient imposer un schéma de pensée unique, dans un seul but : garder ou obtenir le pouvoir ! Même si certaines personnes utilisent des moyens d’action et d’expression que l’on peut ne pas approuver, on ne peut leur dénier le fait d’être des manifestants, d’avoir des idées et de les défendre.

Une solidarité sans faille

Si on peut déplorer l’utilisation de la violence, on ne doit pas marginaliser et exclure ceux qui l’utilisent. Le fait que certaines personnes n’aient plus que ce moyen pour s’exprimer en dit long sur la démocratie dans laquelle nous vivons ! Entre ceux qui luttent contre la précarité et ceux qui nous l’imposent et nous répriment, le choix est évident, nous soutiendrons toujours les gens en lutte et nous ne collaborerons jamais avec l’Etat et ses chiens de garde.

Une vitrine ou une vie ?

Entre ceux qui vont dégrader une vitrine et ceux qui vont casser, au propre comme au figuré, des vies par la précarité, par des plans dit “sociaux” ou par la répression, qui sont les plus dangereux ? Qui sont les victimes du capitalisme et qui sont les bourreaux ? Avec qui pouvons nous lutter ? Contre qui devons nous lutter ?

N’oublions pas les casseurs qui ont lutté pour nous…

Des révoltes paysannes aux arrachages d’OGM,des barricades de la Commune aux hauts fourneaux de Longwy, des luttes du mouvement ouvrier à la résistance, de nombreuses personnes ont lutté pour acquérir des droits et pour construire une société plus juste et plus égalitaire. Aujourd’hui, les média les désigneraient comme des casseurs voire des terroristes.

La lutte des classes toujours d’actualité

Comment ne pas parler d’inégalités sociales dans un pays où :

  • 12% des personnes vivent sous le seuil de pauvreté (chiffres INSEE 2003),
  • le taux de chômage atteint presque 10% (et plus de 20% chez les jeunes),
  • le salaire médian (Salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l’autre moitié gagne plus. Il se différencie du salaire moyen qui est la moyenne de l’ensemble des salaires de la population considérée.) s’élève à 1 484 euros mensuel net contre 1 903 euros pour le salaire moyen (chiffres INSEE 2004), ce qui indique une répartition inégalitaire des salaires où de nombreuses personnes gagent peu et où une minorité gagne beaucoup,
  • les cadres gagnent le double de l’ensemble de la population (sans compter les avantages en nature, les avantages financiers et les primes),
  • les patrons, les hauts fonctionnaires et les gouvernants gagnent encore plus.

Dans un pays où une forte majorité de la population s’opposent à un projet de précarisation généralisée, où une grande partie descend dans la rue et où une minorité s’accroche à ses privilèges, comment ne pas parler de lutte de classe !

Pourquoi certains se masquent-ils lors des actions ?

Ce n’est ni pour effrayer les gens ni pour se complaire dans un romantisme révolutionnaire, mais par simple pragmatisme. Dans une société toujours plus fliquée, les masques garantissent une protection contre les gaz lacrymogènes et un anonymat indispensable dans le cadre d’actions durement réprimées. L’état policier est bel et bien une réalité, et ne pas se faire arrêter puis inculper une nécessité.